Les Silences de Thalès

Thalès vient d’emménager à Bayères-sur-Loire. Elle a seize ans, un prénom improbable et le goût des mots. Elle a un nouveau chien, un nouveau chat, une nouvelle maison. Elle a aussi un père, Pierre (professeur de mathématiques, vraisemblablement dépressif, addict au crochet) et une petite sœur, Sidonie (surdouée, hypersensible, gothique).
Les vacances d’été commencent… Entre deuil-story et comédie romantique, une histoire positive et divertissante.

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Ce roman est le premier de mes livres à ne pas être une histoire qui s’inscrive dans un monde imaginaire, qu’il soit fantastique, de fantasy ou de science-fiction.

C’est un roman contemporain, une histoire « tranche de vie », qui se déroule sur une période courte, un peu plus de deux mois.

J’y ai mêlé plusieurs genres que j’apprécie : le « Young Adult » (une histoire dont les personnages sont des adolescents, ou de très jeunes adultes), la romance (mais sans qu’elle soit centrale et prédominante) et la comédie sociale.

Le thème principal est celui du deuil, ou plutôt du « post-deuil ». Le plus fort de la douleur est passé, vient le temps du retour à la vie. C’est pour cette raison que le ton de ce roman est positif, voire réjouissant, plutôt que déprimant. La mort d’un proche et ses conséquences ne sont pas éludées, mais le récit s’inscrit dans la consolation, la joie de vivre et du partage avec ceux qu’on aime.

Pour cette raison l’humour (parfois même un peu noir ^-^) est très présent dans cette histoire.

Bonne lecture !

Les Silences de Thalès
(extraits)

« Pourquoi ne s’entend-t-on pas avec ses proches ? Et pourquoi s’entendrait-on bien avec eux, d’ailleurs ? On peut aimer les gens et ne pas les supporter. Ou les supporter sans les aimer, ce qui est sans doute pire… »

« Ce que l’on redoute le plus n’arrive presque jamais dans la vie », avait coutume de répéter maman, cette éternelle optimiste. 

Bien sûr on pourrait argumenter : la mort de ma mère, était-ce vraiment ce que je redoutais le plus ? Plus qu’une troisième guerre mondiale ? Que la pandémie d’une horrible maladie ? Que la mort de tous mes proches ? Que de me réveiller un jour en cloporte ?
Non, bien sûr ; l’expression n’était pas à prendre au pied de la lettre. En tout cas, la mort de ma mère devait certainement être bien classée dans mon top de choses que je redoutais le plus sans le savoir. On pense que ça n’arrive qu’aux autres… jusqu’au jour où ça vous arrive. Ensuite, une fois que cette chose tant redoutée qui avait si peu de chances d’arriver est arrivée, survient cette étrange distorsion statistique : alors qu’un nouvel événement redouté n’a pas plus de chances de survenir que le premier n’en avait, rien ni personne ne pourra plus jamais vous en convaincre. L’insouciance de l’ignorance a été remplacée par la conviction que le pire peut débarquer à tout instant.
Ce que l’on redoute le plus a toutes les chances d’arriver dans la vie. »

« Marc ne tarda pas à investir la cuisine, découpant, éminçant, rissolant et mijotant avec la fougue d’un participant à une finale de Top Chef, lançant des ordres à Isolde, qui obtempérait avec une docilité suspecte. Je me positionnai près de la porte pour profiter du spectacle.
– Il est tout le temps comme ça ? demandai-je à mi-voix.
– Oui. C’est un hyperactif autodidacte, répondit Clément qui s’était prudemment arrêté à l’entrée de la cuisine.
– Je ne savais pas que ça s’apprenait ; je pensais même que ça se soignait.
– Très drôle.
Comme il souriait à demi, j’enchaînai :
– J’ai bien aimé ta citation.
– Je ne l’ai pas faite de mémoire, j’ai un peu triché, je l’ai trouvée sur Goodreads. »